Guy Binga |Photo © Zaïko L.L. Au détour d’une question sur la faible perception des mélomanes de l’apport du ngongi, Guy Binga se lance dans un plaidoyer passionnel : « Que les mélomanes écoutent attentivement, ils vont mesurer la magie que le ngongi apporte ! Pendant les concerts, quand l’accompagnateur atteint des sommets, quand Bijoux Basse un des tout meilleurs bassistes aujourd’hui lâche ses notes qui poussent à la transe, quand le batteur Roucoulet accélère la cadence, je suis dans un état extatique, mon esprit est comme détaché de mon corps et je lui dis ‘Allons au Kongo Central dont l’âme et la musique nous inspirent, nous transcendent ».
Guy Binga Mandungu n’a pas choisi la musique, elle était déjà dans son berceau avant sa naissance, puis omniprésente dans son environnement, dans son quotidien. Ses premières gammes, ce musicien va les apprendre en tapant sur les peaux tendues des congas avant de passer très vite au ngongi cet instrument traditionnel fait de deux cônes métalliques reliées par une sorte d’arc et sur lesquelles on tape avec un bâton en bois. Pour ses débuts, il va se coltiner un déjà monstre : Bileku Mpasi Djouna Mumbafu qui jouit d’une sorte de prééminence et joue le ngongi solo et lui l’accompagnement.
Sa commune de résidence Kintambo fut un creuset, un sanctuaire de talents en musique folklorique et depuis que la jonction avait été établie avec la rumba, Guy Binga va vivre plusieurs aventures humaines et musicales : le groupe Super Jeunesse Arumbaya, deux épisodes dans l’animation politique avec le Groupe Choc Kake puis le Ballet Lipopo avant de s’amouracher avec la musique typique dans Stukas sous l’égide de Lomingo Alida puis une escapade gabonaise en compagnie de Nzeza Landu un ancien ngongiste de Zaïko resté en Europe lors d’une tournée.
Direction Zaïko Langa Langa sur ordonnance paternelle
Alors qu’il est bloqué en Europe depuis six ans déjà, Jossart Nyoka Longo charge le bassiste Bapius, le batteur Roucoulet et l’administratif du groupe Sec Emma de recruter de nouveaux éléments et particulièrement Guy Binga dont il connaissait déjà le talent. Féru de musique, trait d’union entre la typique et le folklore, une figure kinoise, Koko Bingema Mokonzi le père va s’employer à convaincre son fils pas trop tenté par cette nouvelle aventure.
Quelques mois plus tard, le fougueux ngongiste va quitter le groupe pour non-versement de sa prime de transport pendant plusieurs mois. Chérif Kimbondo et Claude Kidisho, fervents soutiens de Zaïko, vont se charger de le faire revenir : « Ils m’ont convoqué à une répétition où m’avait conduit mon chauffeur à bord de ma voiture Mazda 323 qu’on avait surnommée Zekete Zekete. Les deux mécènes s’engagent alors à assurer le versement de cette prime et Claude Kidisho me demanda combien coûtait mon loyer, je lui dis 150 dollars, en réalité c’était 100 dollars, et il s’engagea à le prendre en charge ».
Depuis l’histoire continue et va connaître un de ses heureux épisodes le vendredi 24 avril 2026 sur la scène de Zénith de Paris de 20 heures à 23 heures. |Botowamungu Kalome (AEM)





