RDC/Justice : le médecin David Balanganayi déclare que Félix Tshisekedi a usé du trafic d’influence pour lui éviter la prison

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M édecin et par ailleurs pasteur dans l’église dite de la parole, du haut de la chaire, le médecin pasteur a révélé pourquoi et comment il venait d’échapper à une peine de prison devant la justice congolaise : « Le président de la république Félix Tshisekedi m’avait envoyé un émissaire pour me rassurer, pour me dire que je ne ferai pas de la prison parce qu’il a fait le nécessaire ». Dans cette affaire, le garant d’une justice indépendante et intègre aurait donc pris parti.

Pour rappel, face à une jeune maman qui venait d’accoucher et qui refusait d’être recousue sans anesthésie, le docteur Balanganayi avait assené des coups à la dame pour l’obliger à accepter cette intervention. La scène filmée et devenue virale a valu au médecin un procès avec au bout 2 mois de prison avec sursis et une amende. Sanction juste pour ses soutiens qui saluaient sa détermination à sauver une vie, une absolution inacceptable pour ceux qui s’attendaient à une peine plus sévère.

Six jours après cette révélation du médecin, la présidence de la république s’est murée dans un silence qui illustrerait de l’embarras ou pire de la désinvolture. Pas de démenti à propos de cette affaire qui a suscité la passion dans les réseaux sociaux et des accusations de tribalisme envers ceux qui soutenaient le médecin qui est de la même tribu que Félix Tshisekedi.

Pour largement moins que ça, un jeune Nathanaël passe devant la justice militaire pour avoir ironisé sur l’accord de Washington avec le Rwanda et Parole Kamizelo surnommé « Maîtrisable » pour avoir brocardé régulièrement la gouvernance de Félix Tshisekedi. Pas étonnant que si la clameur populaire ne se calme pas, que le régime se sente obligé de « coffrer » symboliquement ce « trop bavard » médecin pasteur car on voit mal ce dernier revenir sur ses propos en déclarant qu’il avait menti du haut de la chaire. Choix cornélien : sauver l’image du président de la république ou éviter l’opprobre à l’église fondée par l’Américain William Marion Branham.

Dernier détail : le président de la république n’a pas exprimé le moindre mot de compassion pour la victime ni envoyé un quelconque émissaire pour s’assurer qu’elle allait bien. Il ne faut pas trop lui demander manifestement et il a le droit d’avoir ses préférences, ses penchants.| Botowamungu Kalome (AEM)