Alpha Omoyi « Nina Alengisaka », danseuse : « Depuis mon embauche dans Zaïko en 1993, les soins médicaux des musiciens, des danseuses et leurs familles sont pris en charge par l’orchestre »

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L a pression familiale n’y était pas parvenue : chassée de la maison et recueillie par son cousin Raja Veka, la jeune Alpha Omoyi refuse de revenir sur ses pas après son recrutement, comme danseuse, dans Zaïko Langa Langa. Un an plus tard, en 1994, sa mère décède et l’orchestre assure une prise en charge conséquente des obsèques « comme une grande entreprise » se rappelle un tantinet fière la danseuse. La famille se rend à l’évidence et se repent d’avoir pensé qu’elle s’était lancée dans une vie de débauche et la couvre de ses bénédictions.
 

Sa carrière artistique, Alpha Omoyi l’entame comme musicienne au sein du premier orchestre féminin du pays : TAZ Bolingo. Elle s’essaye au xylophone et à la flûte, sans vraiment s’enticher de ces instruments. Pendant ce temps, la passion pour la danse la déborde, « Je dansais tout le temps, partout même sans musique ». Une copine prénommée Guylaine l’oriente vers Zaïko Langa Langa qui était en train de recruter : « Je vais ainsi débuter sous l’encadrement de Jeff Munongo qui va amener à des sommets le quatuor Mboyo, Floriane Mangenda, Marie Mpunde et moi ». Son style particulier fait penser, sur certaines phases, à une personne qui reçoit une décharge électrique et cela va lui valoir le surnom ‘Nina alengisaka’ (poisson électrique en lingala) ».  

Très critique sur la nouvelle génération

33 ans après ses débuts, Nina Alengisaka sait que son corps a perdu la souplesse, l’agilité et la grâce de ses 20 ans, elle ne danse plus et enfile désormais la cape du coach qui transmet, qui bonifie des talents naissants : « Mon histoire avec Zaïko ne finira jamais. Des danseuses venaient de quitter le groupe en masse et il fallait les remplacer vite pour les clips de Mbrouss : « Le président Jossart était sceptique car le temps était court, nous travaillions de 19 heures à 6 heures du matin, de 10 heures à 0 heure… regardez comment elles ont performé ! Au Zénith, elles vont bluffer les mélomanes ».

Quand on sollicite le regard de la désormais coach sur le niveau et la qualité des prestations des danseuses aujourd’hui, Alpha Omoyi commence par une litanie de ses copines ou collègues d’autres groupes qu’elle appréciait : « Son ex collègue Floriane Mangenda au-dessus de la pile, puis Jacky Olangi, Maze et Salimata chez nos aînées puis Manita Céléste, Zambrotta, Fifi, Zina, Shegué, Mireille Konde, Pitshou Demba, Dembo… ».

Concernant la qualité des chorégraphies proposées aujourd’hui, Alpha Omoyi laisse débouler son accent tetela haché pour dire son dépit : « Ba kobina misusu nazosepela na yango ata muke te ! Kobina ekomi lokola karaté, mwana mwasi azo sauter, asali grand écart, abambani… elengi te ! ». Traduisez : « ça ne me plaît pas trop, certaines ne dansent pas mais font le karaté sur scène : elles gesticulent, sautent et retombent lourdement sur le grand écart, je ne trouve pas ça joli ».

Vous avez connu Alpha Omoyi comme danseuse, le 24 avril 2026, au Zénith de Paris, (où elle sera présente) les mélomanes sont invités à aller vérifier si elle a réussi à transmettre la flamboyance de son époque aux dernières arrivées.|Botowamungu Kalome (AEM)