Jossart Nyoka Longo sur la scène du Zénith de Paris, le 24 avril 2026 |Photo©Pierre René Worms/RFI C e 24 avril 2026, peu après mon arrivée dans la salle du Zénith, remplie à ras bord, le spectacle battait déjà son plein. Tous debout, les spectateurs (près de 7.000 selon les estimations), émerveillés, applaudissaient à l’unisson la prestation magistrale de Deborah Ntoya dans un a capella de la chanson emblématique « Excuse me » de Papa Wemba issue de son album « Molokai » (sorti en 1998). Le chanteur Fabrice de Souza, nouvelle recrue de Zaïko Langa Langa, lui succédera pour exécuter à la quasi-perfection le morceau « Est-ce que » un autre titre de l’artiste décédé le 24 avril 2016 à l’âge de 66 ans, après s’être effondré sur scène lors d’un concert au FEMUA à Abidjan en Côte d’Ivoire. Un moment fort et mémorable, partagé avec un public ému et en extase !
L’hommage à Papa Wemba, que son ami Jossart Nyoka Longo a toujours reconnu comme « le détonateur » de la naissance de Zaïko Langa Langa en 1969, va atteindre son paroxysme avec la présence sur les planches de ce dernier, accompagné par ses musiciens, pour la restitution du tube « C’est la vérité ». Un grand classique datant des débuts de la carrière de Papa Wemba, Jules Presley Shungu aux côtés de Jhersy Jossart. Nostalgique !
L’ambiance va monter d’un cran lorsqu’apparaît sur scène le showman Lita Bembo alias Libek Nkolo Kwanga, qui va revisiter quelques séquences de ses tubes mémorables dont « Zonga Gida », « Tembe eluti mabe mingi » repris en chœur par les spectateurs ! Pour quelques jeunes dans l’assistance, c’est une vraie découverte. Par son accoutrement et sa prestance sur scène, cet artiste leur fait penser à Werrason, le (leur) phénomène !
Un rayonnement qui va du pool Malebo aux abords de la Seine en passant par l’outre-mer
L’autre passage qui a fortement marqué les esprits : celui de Jean-Claude Naimro, l’un des piliers historiques du groupe mythique Kassav, invité d’honneur de Jossart Nyoka Longo. En parfaite communion avec le public et avec l’accompagnement de Zaïko Langa Langa, le claviériste et chanteur a mis le feu dans la salle avec un enchaînement des succès de son groupe parmi lesquels « Zouk la sé médikaman nou ni ». Époustouflant !
Cet événement historique a réuni un public cosmopolite, Africains et Antillais principalement toutes générations confondues. J’ai même aperçu une fille dont l’âge devait avoisiner entre 6 et 7 ans, en compagnie de ses parents.
Tout ce beau monde a pu revivre l’histoire de Zaïko à travers les âges…riche de 57 années ! Grâce à son répertoire intemporel et sa créativité sans cesse renouvelée, le groupe a su maintenir sa présence quasi ininterrompue sur scène, dans les occasions festives mais aussi dans les ménages. À travers la setlist savamment sélectionnée, De Mwana Wabi (en hommage à Bimi Ombale) à Mbrouss, Awa te, en passant par Dédé sur mesure, Pa Oki, Boh, Maman Siskaa…les mélomanes ont agréablement été servis.
La jeune génération conquise
Ainsi, à travers les différentes chansons, anciennes et récentes jouées par le groupe, ainsi que les danses présentées lors de ce spectacle, les jeunes ont kiffé comme Ophélie Baz : « C’est le meilleur concert de musique congolaise auquel j’ai pu assister à Paris. Zaiko Langa Langa a frappé très fort ! Quelle orchestration ! Un seben ancestral avec ngongi, shaker, congas, mbonda, les sifflets, les maracas, tout était audible et de manière fluide. La connexion Zaiko et Kassav était magnifique. Quel plaisir de voir autant de jeunes que de parents… et quel plein ! Incroyable ! » Et d’ajouter : « Si la qualité sonore a été incroyable, la ponctualité impériale, le charisme de chaque personne du public et des musiciens, l’on a pu déplorer notamment la faiblesse audiovisuelle, voire, trop minimaliste de la scène. »
Autre témoignage, celui de sa soeur Cynthia : « Franchement, c’était un moment fort. Voir Zaïko Langa Langa en live en 2026, c’est quelque chose de particulier, presque historique. Il y avait une vraie énergie dans la salle, un mélange de nostalgie et de fierté collective. Le public était totalement connecté. On sentait que ce n’était pas juste un concert, mais un véritable moment de transmission. À un moment, un homme à notre droite a dit à Ophélie : ‘Vous n’étiez pas nées, vous connaissez ?’ C’était assez marrant, parce que certains morceaux existent bien avant notre naissance. Mais papa est tellement un grand mélomane que chaque son résonnait pour nous comme un vieux souvenir. J’ai été aussi frappée par le lien entre les musiques congolaise et antillaise. La présence de Jean-Claude Naimro montre à quel point cette connexion culturelle est ancrée dans quelque chose de profond, musicalement. La transition entre ces deux univers était particulièrement puissante. »
En attendant le prochain rendez-vous annoncé à Paris Arena, à la demande formulée publiquement par le producteur lors de la remise de la plaque « sold out » à Jossart Nyoka Longo, le groupe était déjà, au moment où nous publions cet article, en préparation d’un autre After Zénith, après celui de Paris, pour le 22 mai 2026 au Fleuve Congo Hôtel Kinshasa.|Jossart Muanza, envoyé spécial (AEM), à Paris
















