Angola: liberté conditionnelle pour les 17 jeunes activistes

La Cour suprême de l’Angola a ordonné, le 28 juin dernier, la mise en liberté provisoire immédiate et l’assignation en résidence des 17 activistes qui avaient été condamnés pour « tentative de rébellion, complot visant à renverser le président dos Santos et association des malfaiteurs »  le 28 mars dernier, au terme d’un procès qui avait duré plusieurs mois.  Une décision saluée par Miguel Francisco, l’un des avocats de la défense : « C’est du bon sens et dans le strict respect de la loi. N’importe quel tribunal qui veille à l’application de la justice aurait agi de la sorte ».

Cette décision intervient suite au recours contre le verdict rendu par la cour provinciale de Luanda en mars 2016, qui avait prononcé des peines de prison allant de deux ans et trois mois à huit ans et six mois de prison ferme. Pour rappel, ces jeunes activistes  avaient déjà bénéficié d’une mesure similaire prononcée le 18 décembre 2015 après six mois de détention provisoire suite à une décision prise le 15 décembre par le tribunal provincial de Luanda.

L’affaire remonte au 20 juin 2015, avec l’interpellation à Luanda, de ces  jeunes appartenant au «Mouvement révolutionnaire angolais» alors qu’ils participaient à un atelier de réflexion sur l’alternance démocratique. Accusés de planifier un coup d’État, ils ont été déclarés coupables de «complot contre le chef de l’État, de tentative d’une rébellion» et «d’association de malfaiteurs».

Que reproche-t-on aux activistes ? 

Comme élément à charge, la justice a cité un livre du philosophe et journaliste Domingos da Cruz : Outils pour détruire un dictateur et éviter de nouvelles dictatures (éd. Mondo Bantu, 2015), que les activistes avaient lu en réunion. « Arrêtés et emprisonnés pour avoir discuté ensemble de la démocratie », s’était, à  l’époque, indignée l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty  International. Lors d’un moment phare du procès, l’un des accusés, Domingos da Cruz, avait été contraint par le tribunal de lire à voix haute l’intégralité de l’ouvrage de 183 pages.|Jossart Muanza (AEM)