Jossart Nyoka Longo, droit comme un « i » | Photo : ©AEM Cette similarité renvoie à une grande connivence qui régnait entre les deux chanteurs : Jossart a toujours désigné Papa Wemba comme le « détonateur » pour son rôle déterminant dans la naissance de Zaïko Langa Langa et on se souviendra qu’avant son voyage à Abidjan dont il ne reviendra pas, Papa Wemba avait tenu à rencontrer Jossart pour « parler », peut-être lui aurait-il confié ses dernières volontés, ses derniers conseils.
Plus de deux demi-siècles que Zaïko n’en finit pas de se régénérer
La date du 24 décembre 1969 sur son acte de naissance n’impressionnerait guère si, depuis 56 ans, Zaïko Langa Langa ne proposait pas une musique qui rallie toutes les générations. En considérant que la rumba congolaise est née aux alentours de 1950, pendant le tiers du 20ème siècle, ce groupe en a été l’un des plus importants contributeurs en compositions, tubes et danses concurremment avec les légendaires African Jazz, Afrisa, OK Jazz, African Fiesta Sukisa, Bella Bella, Continental, Thu Zaïna, Los Nickelos, Empire Bakuba, Stukas Boys … Alors que quasiment tous ces groupes mythiques ont piqué du nez ou cassé la pipe, au quart du 21ème siècle, Jossart Nyoka Longo et son orchestre sont toujours sur la place, multipliant des déclinaisons de la rumba à l’image des chansons Mbrouss et Awa te sorties en octobre 2025.
Alors que les modes, par définition, passent, le cinquantenaire Zaïko Langa Langa les a toutes vécues et marquées avec des chansons, des danses, des compositions, des innovations devenues des références. Ce groupe opère un miracle permanent en faisant danser toutes les générations dans un pays encore caractérisé par la distinction de « musique des vieux » et « musique des jeunes ».
Makinu : gratitude et hommage
Quand Zaïko décide d’enrichir la musique congolaise des atalaku et de délester les chanteurs des animations, la musique traditionnelle Ne Kongo et plus particulièrement le folklore humbu entre royalement dans la rumba. Depuis, l’ancienne région du Bas-Zaïre est devenue une fontaine de jouvence permanente pour la musique de Zaïko. A travers le maxi single Makinu, traduisez danse en kikongo, on y trouve l’expression de l’infinie gratitude à cette ethnie mais également une mise au point déclamée dans la chanson Awa te « Nous sommes la troisième école de la rumba congolaise ! Jamais sans nous ! ».|Botowamungu Kalome(AEM)











