L’Angola construit une nouvelle ville de 120.000 habitants

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Une première en Afrique, l’Angola est en train de construire une nouvelle ville à 20 km au sud de la capitale Luanda. Kilamba, cette nouvelle ville, s’étendra sur une surface totale de 5.400 hectares et devrait accueillir, à terme, plus de 100.000 habitants.
La première phase, qui comporte 115 immeubles avec 3.180 appartements pour 19.800 habitants , est déjà prête à la livraison et le processus de vente devrait débuter dans un ou deux mois. Suivront, pour décembre 2012, 595 Immeubles avec 16.822 appartements pour 100.932 habitants. Quant aux équipements publics, seront fonctionnels dès l’année prochaine 9 écoles primaires, 8 établissements d’enseignement secondaire, 24 crèches, 2 hôpitaux, 2 centres de santé et 240 magasins. Des espaces de loisir sont également prévus dans chaque bloc, qui compte 25 à 28 immeubles, notamment un gymnase et 4 terrains de sports en plein air. Ces logements seront commercialisés par la Sonangol Imobiliaria, une branche de la Société nationale des combustibles, responsable du projet.

Sur le plan énergétique, contrairement à Luanda où des coupures d’électricité sont récurrentes dans certains quartiers et où les générateurs doivent souvent prendre le relais, Kilamba, outre ses deux propres sous-stations, sera alimentée par la station du Campus Universitaire Agostinho Neto tout proche. Quant à l’alimentation en eau potable, la ville dispose déjà des stations et des sous-stations de production d’eau potable et de traitement d’eaux usées adaptées. Dans ce cadre, la station de captage d’eau du fleuve Kwanza, actuellement en chantier, aura une capacité de production de 40.000 mètres cube d’eau par jour. La station de traitement des eaux usées, pour sa part, traitera jusqu’à 35.000 mètres cube par jour. En amont, pour le drainage des eaux de pluie, la ville de Kilamba dispose de galeries souterraines avec des tuyaux de 9 mètres carrés, dans certains tronçons, et des galeries doubles, chacune avec des sections de 9 mètres carrés.

En projet également, la Ville va expérimenter la collecte sélective des déchets avec le tri à partir de la décheterie de Mulenvos où les déchets collectés à Kilamba seront acheminés : « Ceci va exiger des programmes de sensibilisation et d’éducation dans les écoles », prévient Joaquim Israel, le maire de la Ville dont les services vont assurer l’entretien des immeubles et des espaces verts ainsi que le ramassage des déchets. Ces services seront bien évidemment payants : « La Ville de Kilamba percevra des taxes destinées à la maintenance des infrastructures parce que, sans la maintenance, il y a dégradation des équipements et leur réparation serait plus coûteuse. Les habitants vont donc payer des taxes pour la collecte des déchets, pour le nettoyage des rues et des espaces publics, mais aussi pour l’éclairage public. »

L’administration sera également présente à travers ses différentes missions : le service du registre électoral, d’identification, le notaire, le bureau du registre civil et de registre foncier, le service des finances, des agences de l’Edel (Entreprise nationale de l’Electricité) et de l’Epal (Entreprise nationale de l’eau)… La Ville, qui disposera également des postes de police, abritera aussi une école de police ainsi qu’un poste de commandement divisionnaire, une caserne des pompiers, actuellement en construction. D’autre part, des contacts sont en cours pour l’installation de caméras de surveillance, et cela à moindre coût grâce au câble à fibre optique. Outre les services publics, le maire a également le souci d’une présence plus rationnelle des commerces « Nous voulons éviter d’avoir cinq pharmacies ou cinq salons de coiffure dans une même rue. »

La ville de Kilamba est un projet pilote, avec un nouveau modèle de gestion, qui en cas de succès va s’étendre à d’autres régions du pays. La ville aura un budget propre pour mener à bien ses plans d’investissement et d’activités.|Jossart Muanza (AEM)