Marie Misamu E-x-c-e-p-t-i-o-n-n-e-l-l-e au Millénaire !

En valeur artistique pure, la musique congolaise dite chrétienne a désormais son spectacle référence : le concert de Marie Misamu le 3 janvier 2009, au Millénaire, à Savigny-Le-Temple dans la région parisienne. Un show au sens premier du terme : cohérent, intelligible et plein d’entrain. Époustouflant, en somme, par son ambiance très rythmée pendant trois heures non-stop. Tout ou presque y était : une solide et superbe prestation des musiciens et des choristes, une Marie Misamu sobre, avec beaucoup de prestance, un jeu de scène bien à propos avant de lâcher les chevaux dans une deuxième partie où des animations et des chorégraphies enfiévrées avaient succédé à des exécutions impeccables des chants repris du début à la fin par plus d’un millier de personnes. Des scènes d’hystérie ne furent pas rares. Retour sur un spectacle mémorable.

À 19 heures, le public piaffe d’impatience et n’en finit pas de siffler l’animateur de la soirée jusqu’à 19 heures 15 quand quatre danseuses munies d’ustensiles africains exécutent quelques numéros pour ouvrir la scène à Marie Misamu. Quand elles se retirent à 19h23, la salle est soudain emplie de la puissante voix de la chanteuse. Tous les yeux sont rivés sur l’entrée des coulisses qui donne sur la scène lorsque l’arrière de la salle chavira : micro à la main, Marie Misamu fait son entrée au milieu du public sans cordon de sécurité. C’est l’hystérie, elle est prise dans une vague qui va l’amener royalement sur scène. Cette belle femme au format de poche est enveloppée dans une tenue dessinée comme une robe traditionnelle japonaise mais avec un mélange de tissu africain en bas et de la soie en haut. Elle est rayonnante malgré une coiffure horrible : c’est une forêt posée sur sa tête et qui dévoile à peine son visage : ça restera l’unique et la seule fausse note de la soirée. Non, pas la seule : les lumières étaient faméliques, et mal agencées en plus.

C’est quand elle en fait moins qu’elle en fait plus !

Au Millénaire, Marie Misamu a vaincu sa caricature : elle ne se la joue pas, pas de chichi, aucun mot de trop, pas de propos ou d’attitude de starlette qui vienne parasiter le concert. La chanteuse interprète à merveille ses succès, mieux que sur les CD. Le son est excellent, les musiciens se mettent à la hauteur pendant que les choristes apportent une évidente valeur ajoutée au chant et au spectacle. Le public le leur rend bien et devient un chœur d’un millier de personnes. Au pied du podium, des mains se tendent pour toucher Marie Misamu alors que, dans la salle, des bras et des prières s’élèvent vers les cieux. La communion qui s’en dégage a quelque chose de très fort. La chanteuse n’en rajoute pas, elle est sobre, pertinente et dégage paradoxalement beaucoup de charisme. C’est le jour où elle en fait moins, que finalement Marie Misamu atteint les sommets de son art et déclenche une expression collective mystique dans la pure tradition de la littérature chrétienne.

JPEG – 68.9 ko Dans la deuxième partie de son show, Marie Misamu, habillée comme tout l’orchestre, se déchaîne.|Photo : © AEM

Un show très élaboré

Marie Misamu et les artistes qui l’accompagnent dégagent une cohésion et une complicité comme s’ils avaient toujours joué ensemble. La star leur en sait gré, car dans la deuxième partie, elle mit la même tenue que l’ensemble du groupe : « une tenue appropriée afin de bien danser pour mon Seigneur », dit-elle. Vont alors s’enchaîner des chorégraphies qui révèlent une forme physique éblouissante de la chanteuse. Quand elle avait déclaré 48 heures avant qu’elle s’était sérieusement préparée sur le plan physique, je l’avais écoutée avec l’incrédulité du journaliste qui en a entendu d’autres. Elle n’avait pas bluffé : elle sautille comme un cabri, exécute des danses physiquement éprouvantes, chante et anime sans laisser apparaître le moindre signe de fatigue. Et pourtant cela dure depuis plus de deux heures. Le comble, c’est qu’elle ne veut pas s’arrêter et déborde sur l’horaire prévu. Sol Masiala, un des trois promoteurs, a beau lui faire signe d’arrêter… rien à faire. Une spectatrice me confia : « Elle est increvable cette femme, elle a usé les spectateurs mais elle pète toujours la forme ». Et réussit à relancer les centaines de spectateurs massés devant le podium qui se remettent à chanter et à danser… encore et encore.| Botowamungu Kalome, envoyé spécial (AEM), Savigny-Le-Temple

https://youtu.be/Zk5WhFDsxFE

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